dire oui
répondons de tout
le rire
si on le prend entièrement
a aussi des griffes
et l’œil s’ouvre
oursin de lueurs déchirantes
mais la gorge connaissait le feu
bien avant qu’il ne soit dans les yeux
mangeons
le monde est monstre
mangeons ce qui ne peut être
posé sur la table
alors les arbres pétriront le ciel
avec des étreintes d’araignée
et des mains de panique
mais leur écorce sera aussi dure
que les plaques pliées des courants
au temps où la mer était terminée
maintenant commence
le pain des nuages cuit
un soleil peut être décoché
jusqu’au matin
depuis l’arc tendu de la bouche
et dans les fourneaux
où la forme s’essaye
entre des embrassements
de braises et de brises fraîches
tout attend
la voix humaine ne reconnaît pas son écho
et le ventre devient une voix
nous invoquons la pluie et demandons pitié
parce que nous aimerions voir
des sanglots tomber de plus haut
que le toit des puissantz
mais pour invoquer
il ne suffit que de dire
mille fois le prénom
ce nom d’avant le nom
ce nom est bas et bouche bée
il commence depuis la terre
parlons avec la bouche pleine
que les dents enroulées de roses
et les bourgeons comme un plongeon
dans le froid de l’aurore
montent
les virgules d’étourneaux
cherchent le rythme d’une phrase transparente
et dans la voix hésitante
le cheveu d’un aveu suffit
à dire oui
