petites choses en presque prose
la mer me plie
la mer me veut
elle prend ma vie
comme un aveu
des sombres creux et gris et cris
le sombre bleu le sombre oubli
avide
envieux
le bleu dévore
le temps d’un corps
à vie
adieu
***
partir là où le vent se brise
par-delà la nuit grise
emmêler mes pas sans bruit
au ruisseau qui fuit
aller plus rapidement
que l’éboulis d’une aile
entre les asphodèles
la nuit est au dedans
comme un petit creux
comme un petit pli
le papillon bleu calme et vieux
et joli
meurt en riant
si doucement !
***
vieilleux
je fleuris
les veines algues violettes
et sur la peau
le fauve mauve
d’une morsure
les vergers des cerises
les rides palmées
près des yeux calmes
comme un oiseau
marche dans l’eau
