l’amandier après la pluie

l’amandier après la pluie

ses fleurs caressent la clarté

comme des chaînes brisées
les gouttes tombent dans la boue

et le sang peut pâlir
quand sous la peau il tremble

désire

au moment d’un brusque matin
la mort elle aussi devient

quelque chose

j’aimerais connaître dit la racine
un orage qui ne soit pas mon père

un bois vert qui soit né
ailleurs que de la terre informe

où tant de soleils sont tombés

et ces branches noueuses
quel corps veulent-elles encore
toucher et aimer ?

ici bas la forme de mes liens
vient d’avant moi

aucun songe aérien
ne m’a jamais connue

sauf l’horreur de la mémoire
et le fond des nuages sauvages

je veux – là-bas – un ordre de la nuit

quand par un seul signe de la main

elle tait les oiseaux et nos yeux si remplis
les pas froids du souci les parfums des jardins

et le bruit même de l’oubli