buvons

l’aube brune est levée
chaque ciron doit dans la boue

assumer le soleil

les justes au-dessus du soleil
iels pourraient tirer la vie au sort

ou la mort peut-être

au ciel les dés ont des faces infinies
et ils ne tombent jamais

car au ciel rien d’implacable
ne dit à un corps qui chute

brise-toi

le bas ou le haut dans les yeux éclairés
ce sont deux plumes dans une balance

affaire de morale – rien de plus

mais nous
nous avons une vie à tenir
avec des mains griffues et déchirantes

vivre suffit

nos mains longues tombent comme la pluie
sur les terres brisées violées

nous avons lâché la barque
et nous sommes embarqué-es

ce n’est pas choisi
et c’en est fait

rien ne nous a mouillé
nous sommes l’eau depuis toujours

buvons pour vivre buvons

et buvons tout