celleux qui se taisent
il y a quelque chose que je ne retrouve que chez celleux qui parlent ou écrivent, et parmi celleux qui parlent ou écrivent, je pense à celleux qui se taisent : celleux-là en disent toujours trop. je ne parle pas d’en faire trop, je parle d’avouer plus qu’on ne le veut, et l’anguille du verbe glisse entre les mains, malgré nous, malgré elle-même peut-être, alors que toute la froide falaise des phrases était là, statique, imperméable comme lors d’un interrogatoire où « rien à déclarer » est le seul visage attendu pour nous sauver de tout, et s’agite et se jette et s’en va à tout le bleu murmure d’une mer immense, car le plus souvent, c’est un aveu d’innocence.
