rien n’est perdu
dévorer tout
lae dieu qui hante est sans anus
car son métabolisme compose avec tout
rien n’est perdu
sa dévoration ne détruit pas
elle n’a pas d’épées dans la bouche
tout ce qui entre en ellui
se lie aux liens de sa chair
le crocodile ne mange plus
dans son ventre
les restes humains
les bouches ennemies
se touchent
s’embrassent
dans le bruit de son sexe
quand iel pleure
ses larmes
comme le glauque des arbres
capturent la lumière
et même les morceaux brisés
de la mer
forment l’étreinte
des millions de petites mains
comme des fouillis d’araignées
tissent sa peau sans contour
et ma peau mortelle en ellui
arc-en-ciel fragile
dans le pli d’une grande toile
piège tout
mais ne tue rien
la nuit dans son œil
n’est plus une tache infranchissable
car en continu avec le jour
elle coule dans son bleu infini
même la mort devient vie
dans son corps
son arrière-goût descend
jusqu’à ses pieds
ses pas courent courent
devant ellui
(dedans la vie)
plus loin plus longs plus lourds
et dans sa bouche
l’étoile éclot de rire
l’étoile écartelée
