au commencement

ouvre mon ventre
fais en un baiser

horrible

que mon visage
soit une gifle à la lumière

que mes yeux giclent
jusqu’à la sueur des astres

prends la musique
sans l’instrument

le corps tout plein de trous
est un mensonge
j’ai failli me noyer dans mon

poumon

ouvre la cage de mes entrailles
laisse-moi m’ouvrir la peau
comme on libère

des oiseaux de roseaux
des papiers papillons
des frissons de poissons

désire-moi

hors de nous
les horloges de l’organe
vomissent

voici des fleuves de peau animale

sans instrument à arracher
chaque souffle
comme un pétale
de vrai

voici la question

l’onde
peut-elle
ingérer
le caillou d’âme

jeté tout bas ?

écoute
écoute
mes intestins
dénoueront mon destin

et je suis sans frontière

car je porte mon sang
comme un tatouage inachevé
au revers de ma chair

le rire est un ruisseau qui s’est
perdu

rions

voyage-moi

ici ma tripe est sans retour

je cours dans mes veines
avec des semelles gluantes

il faut coller la bouche sur
la boue ébahie

le corps est nénuphar

nuage qui fleurit
sur la merde

saisis-moi

le point du pivert rouge
touchera

car l’âme
est un clou précis

un pic
trouant jusqu’au gros ver
de la cervelle

famine pleine
d’ouroboros

et les ongles de nos cils
et les fauves déchirent

la viande du soleil

je veux vivre respirer vivre
avaler chaque coup

prendre l’autre joue

entailler sans talion
mon oreille
ouverte au monde

chier dieu après la messe

la force
c’est ne rien pouvoir souffrir

et agir tout

même après la fin du corps

et le long dandelion
a des canines tendres
quand il mange le vent
le festin du matin

au commencement