ces mots
ces mots qu’on hurle
après la lumière
l’orage est toujours en retard
on entendra des cris
quand une révolution sera passée
ces mots de passe
qui ne peuvent pas
ne peuvent pas
faire passer un monde
tout est trop tard
l’injustice est là
nous avons à dire notre silence
rien d’autre
ce qu’ils ont condamné
le serpent rose qui se mord
dans la bouche
nous avalons nos lèvres
comme une pelure d’orange amère
sur le bord d’une table
où personne ne mange
quand la bouche est fermée
nous donnons un baiser à un dieu
innommable
