répéter le vent répéter le vent
répéter
quand mon souffle est devenu un couloir
une enfilade
de pièces vides
aux rideaux gonflés par le corps lourd
de mon enfance
mélanger la mer
à ma poitrine
ouvrir la poitrine
pour défaire les plumes rouges du coquillage
creuser le coquillage
jusqu’à entrer dans une forêt
une forêt de vertèbres nouées
tortueuses
prier dans une église baroque
pousser la porte
mais ne jamais voir l’envers
du monde que l’on a détruit
je voulais prendre dans ma main
le territoire
être celle qui sait
coller des insectes sur les pages
blanches de mon regard
et entailler ma langue
comme celle du lézard
dans la fente
pour suivre en même temps
les deux voies