l’auberge des mondes

ô corps
auberge des mondes

ton mouvement me dérobe
comme un voleur de vent
passant auprès de moi

dans tes yeux accueillants et sombres
je vois une table ronde
ferme et de bois nouveau
elle trouve des convives

en chaque chose

ici dorment les chevaux de tes ongles
aux sabots de roses

ici se repose ton sexe
miroir des abîmes
où se cassent les sphères de l’amour

un oiseau a fendu la barque de sa coquille

et toute la mer est venue

pareille aux ailes d’un parfum
le désir se glisse entre les portes
et les embrasures du souffle

rien ne peut le retenir

le sablier me poursuit
tel un désert dans un verre d’eau

mais dans l’éternité de ton baiser
la soif est transparente

et la caresse court bien avant ma main
comme un serpent nu
cherche sa peau

ô mon grand inconnu

ouvriras-tu ?

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