entre les roseaux des paupières
pourrons-nous avec douceur
emmêler nos pleurs ?
devenir en silence
un chœur
et voisines de nos ombres
sans couleur
mélanger toutes nos douleurs ?
faire confidence à l’étang
de la feuille d’érable qui tombe
sans un gémissement ?
et porter sans crier
le masque de l’être humain ?
et soulever le soleil
au-dessus des épaules
qui fuient leur propre poids
comme s’en va la vague du brouillard
dans un pays lointain
et que personne n’entend ?
la tristesse devient-elle un verbe
quand on ne lui donne plus aucun nom ?
puis-je être dans ma main
un oiseau de chagrin
prêt à devenir peut-être
et ne plus chanter jusqu’au matin ?
et ne plus chanter jusqu’au matin ?
