la lumière du monde

au ciel, avant la lumière du monde, il y avait dieuz.

et dieuz s’ennuyait beaucoup.

al créa donc les anges, mais les anges étaient ennuyeuxes aussi. alors dieuz les peignit de plein de couleurs différentes et les troua d’immenses yeux partout.

cela restait ennuyeux.

« il me faut quelque chose de franchement laid », se dit-al.

c’est alors qu’al créa les araignées.

cela posa rapidement problème car tout le monde au ciel, y compris dieuz ellui-même, eut finalement peur de leur présence, et la peur augmentait à mesure que les jours passaient.

« je vais les occuper ailleurs, ça les éloignera » pensa dieuz.

al dit aux araignées : « allez me tisser une lune ! »

les araignées s’exécutèrent et il y eut bientôt une lune dans le ciel toute cousue de fils d’argent.

« c’est qu’elles sont rapides ! pensa dieuz. je dois les occuper avec autre chose. »

al dit aux araignées : « un soleil ! maintenant faites-moi un soleil ! »

les araignées se mirent à l’ouvrage, et avec des fils d’or, une multitude de fils d’or, elles firent le soleil, et dieuz fut bien dans l’embarras… al se creusa la tête et dit : « maintenant je veux des étoiles ! »

les araignées par milliers et milliers tissèrent dans le ciel de grandes toiles, et pleurant, suant, crachant, de petites gouttes comme des perles roulèrent.

c’est ainsi que des milliers d’étoiles brillèrent.

or, ane ange du nom de Lucifer, toux fierx de ses ailes colorées, se pavanait un peu partout dans le ciel. ol traversait les astres quand tout à coup, ol sentit les fils des toiles l’emprisonner. ol se débattit jusqu’au sang, les ailes bleues, jaunes, rouges, violettes, bleues… ol s’enfuit. Mais le jour suivant, ol recommença la même erreur, et s’enfuit de même, et de même le surlendemain, et ainsi de suite.

on appela cela le crépuscule, et les enfants du crépuscule sont les papillons.

dieuz ne savait plus comment occuper les araignées. al chercha, chercha, chercha l’idée d’une tâche très difficile à accomplir, peut-être même infinie, et al trouva.

« araignées, dit-al, créez la lumière du monde. »

les araignées s’inclinèrent. sur de longs fils d’argent, d’or et de perles, elles descendirent de la lune, du soleil et des étoiles ; elles atteignirent la terre et firent la lumière. ce fut d’abord la lumière du ciel, puis elles tissèrent aussi entre les arbres, les fleurs, les êtres, les aimaes, les aimantz, et la lumière fut partout.

on dit que quand on est triste sur terre, parfois, un léger fil se dessine sur la joue, route de soie, chemin de lumière, et l’araignée dans l’ombre se cache.

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