tu n’es pas malade
ton corps trace
un espace
avec une main qui tremble
la blessure trouble
le trou tombe
l’ombre pleure
le pli fleurit
abandonne l’espérance
porte sur ton corps le vêtement d’errance
la crinière frêle du vent sur la peau
faire avec
avec cette lézarde entre les dents
ce hasard d’étoile
ce bug
ce grain de beauté tombé n’importe où
sur la chair
où se hérisse l’iris rose d’un rêve frôlé
un clin de deuil
c’est fragile
ton corps est tout en verre en rosée en chute
en silences et en frôlements
ta peau est un miroir
et ton corps est comme
la galaxie les grésillements
les neiges minuscules du soleil
le soupir d’un papillon au matin
et comme toi-même parfois
nous ne sommes pas des êtres humains
nous sommes des peut-être
nous sommes les corps de la nuance
le gris ne peut pas être connu
ni l’infini
gris vert violet bleu peut-être
un désir qui n’espère pas
un désir qui désire
regarde avec
une bouche dans l’œil
comme un poisson dans l’eau
tu as choisi
de nager dans ton corps
et tu as accompagné ta propre vague
la veine peut sursauter
être avec
non pas redresser
non pas relever
non pas corriger
non pas guérir
tu dis
c’est possible
et nul besoin de foi
pour soulever la poussière
le miracle est avec ta peau
il respire
il ne dépasse pas
il ne s’attend pas
il tente
il tend ton corps
la foudre s’affole sur un brin d’herbe
être timide à rosir et roseau
timide devant le plus petit insecte du monde
vivre
pour ce feu
un poil suffit
