méditation – sept exercices

une méditation non de la mort, mais de la vie.

spinoza, éthique 4, Proposition 67

le corps peut-il ?

laisser un doigt frémir, puis sa main gauche ou droite faire tout ce qu’elle veut en la suivant du regard, mais sans bouger le reste du corps, le moins possible, jusqu’à ce que le corps finisse par suivre malgré nous – ou non.

chercher l’innocentx

enquêter pour trouver son innocence, même au fond de la pire impuissance et de la pire tristesse. Poser la main sur le bas-ventre et entendre l’abîme qui chante.

en haut, en bas, partout

placer son visage au fond de ses os, sur la crête d’un orgasme ou dans le nœud de ses entrailles et ouvrir les yeux depuis cet endroit.

vivre est un verbe

imaginer que l’on mange l’air que l’on respire comme un fruit, sentir son ventre s’arrondir de plénitude et faire jaillir sa force quand il expire, comme on crache une graine au loin. agir la vie.

se composer avec

danser et s’accorder avec ce qui nous entoure : prendre la même courbe que le cyprès, poursuivre le vent, chanter avec le tonnerre, se tenir ferme comme le caillou sur le chemin…

tout

ne plus dire je, ne plus parler en tant que sujet. répéter le mot tout de manière pleine, redondante, jusqu’à ce que la voix devienne le mot qu’elle chante, et jusqu’à ce que le mot ne soit plus un signifiant mais tout.

connaître

regarder un objet sous le plus de points de vue que possible, en prenant aussi toutes les positions possibles autour. essayer de ne juger aucun point de vue.

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