les noms

c’est autoritaire, une identité.

ce qu’on a mis sur mon front est plus haut que ma bouche, que mon cœur, que mes mains.

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suis-je condamnae à être un signe politique ?

puis-je parler une langue qui ne soit pas un slogan ?

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ne donne pas ton prénom à n’importe qui, c’est l’adresse à laquelle ton visage habite.

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amour : le nommer, c’est l’insulter.

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mes pires crimes portent le nom de vertus. je ne parle pas la langue où obéissance et servitude se nomment humilité.

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le mot mort est par définition vide de tout.

ce n’est pas la peur de la mort qui existe, puisque la mort n’existe pas. c’est la peur du nom qu’on lui a donné. on peut le rendre doux et sucré, et ainsi on meurt lentement. on peut le faire rugueux et âpre, et le mot mort nous mord alors le cœur vivement. on peut aussi ne plus reconnaître la pertinence de ce nom, et ne jamais vivre autrement que dans la vie.

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