les choses sont ivres
et la pluie blonde déborde
de la branche
les feuilles d’automne
se mâchent et remâchent sur le chemin
comme la pensée ronde
d’un livre de philosophie
tout craque
un squelette est sur le point
de venir au monde
et les ombres des arbres
tombent sur toi avec fracas
aussi longues que la langue
aiguë de la seconde sur l’horloge
prête à dire
il est temps
ton heure est ténue
prends-la !
et l’instant chantait doucement
mais dans le bonheur
il n’y a pas d’heure
