l’arbre de feu

il existe au bout du monde un arbre, un arbre d’une beauté terrible dont les feuilles sont faites de feu. 

aucun oiseau ne peut s’y poser, y dormir, sans mourir.

la nuit y est langue inconnue.

c’était là que vivait l’ange cherchant l’amitié et l’amour.  ses bras étaient des flammes vives. ol les ouvrait : un monde y aurait tenu.

ol appelait. ol rêvait. ol ne dormait jamais. et un jour, l’hirondelle qui avait quitté l’hiver lui dit : « il y a de l’autre côté de l’arbre, son ombre, immense et longue. — pourquoi parles-tu la langue profane ? — c’est à toi que je parle, non à l’ange. bonne nuit. »

je sais que l’ange est passae de l’autre côté. c’est parce que j’ai vu la nuit, la nuit infranchissable autour de toi, de moi, de nous, erreurs, absences, lacunes, silences.

et je nous attends.