prendre le sommeil
comme on surprend un courant d’air
prêt à se rouler dans l’herbe vague
laisser la vie anonyme
animer l’hymne immense
malgré nous
laisser tout
le charbon ardent qui danse dans l’œil
et le ciel fatal qui s’obstine
à nous cracher encore une étoile au visage
et l’absente lumière
le corps se couvre
de la peau du repos
comme la branche de neige légère
si pâles sont
les os immobiles du sommeil
ils émergent de la peau
comme des angles de glace
mais février et mars
ne nous connaissent pas
une main assemble ses roses
