la forme de la flèche

viens

fais un trou dans tes yeux
qui ne soit pas un point

tous tes pas ont le poids
de la joie
quand ils foulent
les achillées les terres d’argile

l’errance caresse le chemin

avance

la carapace de ton espace
est si lente

autour du monde
elle est présente

et rien ne t’atteint
si tu n’atteins rien

ouvre l’angle de ton arbre

marche

la fine pointe est sans bout

le peuplier peuple l’air
comme un scintillement

n’habite pas

et porte la porte creuse du vent

mais que l’extase
ne t’extermine pas

devine-toi
mais ne te connais point

car

où est la limite d’une main
dans l’ombre des caresses ?

que connais-tu d’un corps ?

tâtonne-toi la peau
comme s’il y avait un soleil
en braille en bruit à expliquer

dans tes entrailles

juin passe déjà

et pourtant

il est temps de printemps

et maintes fois maintenant
la vie vient

vive

comme la rose sauvage
déchire en éclats en frémir
en bouches bées

son visage

ouvre !

la mort ne peut pas interrompre ta phrase
si tu ne cherches pas le dernier mot

cellui qui n’achève pas
ne possède ni son corps ni sa vie

jette-toi à tout

la forme de la flèche est infinie

ô immortel-le ami-e
rien n’arrive jamais

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