je suis quand je suis un cri
mon je doit parler plus fort que mon corps
parler plus fort que mes hanches si grosses qu’on a peur de moi
qu’on m’accuse de dévorer un monde
ou d’avoir mangé hier à seize heures trente
parler plus fort que ma peau
et qu’un orient cherché là-bas
dans les spirales de mes cheveux
parler plus fort que mes seins
que les boutons de rose
que les mains d’un homme
parler plus fort qu’un « elle »
parler plus fort qu’un état que la loi que l’impasse d’un passeport
parler plus fort que le médecin qui n’a jamais nommé la douleur
autrement qu’en grec et en latin
parler plus fort que mes yeux si coupables
de vous regarder
