(un vieux texte que je sors des tiroirs et un peu modifié)
l’araignée a levé
le pain de mort
vieille photographie
elle se déplace
comme une main sur un violon silencieux
la toile vibre d’une musique
que je n’entends pas
parfois j’ai osé respirer
pour que bougent les barreaux cristallins
de ma prison
sa main
passe comme un peigne
dites-moi
qui donc
qui nettoiera ma mort
plusieurs fois j’ai voulu m’ensevelir
dans le cocon chaud de ces neiges
éternelles
les insectes meurent paresseusement
dans des hamacs blancs
on ne les entend pas
vieille photographie
je fais une archéologie arachnéenne de l’instant
perdu