seuil

il y a un point
mais il faut que ton œil
ouvre l’espace

l’espace est entre

quand l’espace hésite
il devient

instant

effraction

de seconde

j’aimerais des mots de sable
comme la parole

je ne veux plus fixer

détourne-moi

arrache toutes les pattes
qui grouillent
sous mes paupières

recommence-moi

mais j’ai tellement peur
que l’esquisse de mes nerfs
perde
son autrice

et pourtant je me suis dilatée
comme une impossible méduse

ou une lune sans bord

n’écoute que
la cendre qui flotte

ne tombe pas
toujours

comme une chanson en langue
inconnue

j’essaye des paroles
nues
de leur sens

une feuille morte
se noie dans l’épaisseur invisible

mais elle est plus légère
que la mort

c’est cela rêver peut-être

quand tu dessines la bouche
tu dessines
un segment

mais si parfois tu dessines
notre silence

ton dessin est-il un chemin

la seule route est celle
qui n’emprunte pas la terre

celle qui

te vole

quand tu es seule
là-bas

là-bas

tout bas

la terreur et le froid et la terre

et se trouble

trou

retrouver

face à ?

toute

seuil

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