le joli printemps vient
la pluie laisse tomber ses dents de lait
sur le fragile roseau de nos os
dans l’herbe bleue
le ciel est bleu
bleu strangulation
le joli printemps
les cerisiers volent en éclats de cendres
pâles
comme des squelettes brisés
le magnolia perd ses paupières roses
le joli printemps
les lourds poumons pourpres
de la rose que le vent essouffle
hésitent à respirer
le grand froid d’un cri
cueillir cueillir le camélia
maëlstrom emmêlé de pétales plus tordus
que le froid des entrailles
le joli printemps
et la pluie est tranquille
on a tout étranglé en elles
on leur a fait
un cercueil de roses cueillies coupées
on a mis des anémones
sur un grain de beauté
pour ne pas voir
le point noir dans leurs yeux
au-dessus des tombes muettes
inaudibles
le joli printemps vient
coup de balai que le vent passe
sur les têtes blanchies
froides
des mortes
le joli printemps