tu te sentais coupable
un éléphant dans un monde de verre
ta faim de vivre c’était pour toi criminel
comme une montagne vide
à la fois sans fond et immense
ta bouche n’avait été creusée
que pour te manger
toi-même
et même quand elle parlait
elle était plus sombre
qu’un caveau familial
à l’ombre toutes nos chairs
ont cet étrange air de famille
dans ton ventre il y avait
un serpent pour ne jamais digérer
le serpent
un jour tu as décidé d’ouvrir
le cercle
l’enfer
l’enceinte
ce qui t’étranglait
a étreint les êtres jusqu’aux astres
ta souffrance était la nôtre
et ainsi a été dessiné
quelque chose comme l’amour peut-être
le pays sans limites et sans nom