le compost / cassurvivances

(ces fragments viennent de vieux textes que j’ai écrits autrefois… du recyclage)

sortez vos parapluies les jours d’averse
et les jours d’orage
sortez nues

telle est la faute du serpent
d’être un poisson
qui nage dans le désert

je t’aime

non
l’enfer n’est pas le seul à brûler

à brûler l’âme

et sans doute qu’il n’y a pas de clefs
dans la main de pierre

erostrate est sur le soleil

veiller
se préparer
dire

je vous ouvre

au vent
quand il n’y a personne

à M.

ne crains rien

ne crains pas ce que tu ne possèdes pas
c’est la seule chose qu’il ne faut pas craindre

et nos yeux ne nous appartiennent pas

ma folie

les autres te voient danser
mais n’entendent pas la musique

les vers à soie sont nus

mais ils habillent richement
un courant d’air

pleure

la boue avec ses doigts palmés
ruisselle
et les fleurs ouvrent un œil béant comme des poissons quasi morts
d’avoir quitté l’eau

dis-moi

qui a déjà vu le soleil sur un sol sec

et oublie

les amoureuses s’embrassent
pour ne pas se regarder dans les yeux

à V.

on disait qu’un rêve est le brouillon du jour

le sang des vivantes
est sombre

et aussi invisible

que la mort

elle est belle ta société
si ordonnée

des gens
sur le bord du trottoir

les marges aussi ont été tracées à la règle
avec application

cascade

parfois c’est la hache et non la nuque qui semble mourir
sur la pierre

tirer ma dernière flèche

ma question est

et si elle ne s’arrêtait pas

révolution

être

la coquille de noix vide qui flotte sur l’eau
et qui remplie

se retournerait

faisons de la forêt de dante un jardin

je n’ai pas peur de la nuit
mais de l’aube car on exécute les condamnées
au matin

et ma poitrine se dilatera comme une gigantesque narine

qui hume le parfum de l’existence
sans la posséder

je ne sais pas comment vivre impunément

l’avantage des oiseaux n’est pas de voler
mais qu’il n’y ait pas assez de poussière dans le ciel
pour garder trace de leurs plumes et de leur existence

après leur passage

l’illusion d’éternité

croire que celle qui a écrit
pendant qu’elle écrivait

a retenu son souffle

il faut bien des montagnes pour un faible écho

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