ma déesse
ma déviance
je l’appelle &
se prononce
est-ce ?
perdre
fluette
et surtout
est
mais souvent
elle m’appelle autrement
autre
elle m’étrange
elle est minuscule
son nom est minuscule
&
elle se parle à voix basse
elle est moins immortelle
qu’un rire ou qu’un frisson
humain
ses attributs sont
– le coquelicot
– la nuit de michel-ange sculptée et signée par les ombres à six heures du soir
– imagine une horloge arrêtée à onze heures quarante-quatre mais une de ses aiguilles est rouillée malgré tout
– le secret que personne ne voit au fond du cyprès
– en fait même enfant j’avais peur de me planquer là-dedans
– la poussière et les angles poussiéreux
– la ride sur l’eau et sur la peau
– la feuille morte qui erre dans un courant d’air
– le mot prsq
– à ce moment-là t’as pas trop le temps et donc tu ne l’écris
– pas entièrement
– t’as fait croire aux gens que t’as un train à prendre mais dans ton cœur tu penses que le train n’attend pas mais que toi
– tu attends encore
– le gel qui fond sur les primevères
– les ruines si elles sont vert pluie
– une palette de couleur(s) glauque(s)
– (s)
– (
– le nuage qu’on a vu hier
– et aussi)
– ) comme quand on se penche sur quelque chose qu’on croit avoir perdu
– le truc que tu retrouves dans un tiroir et tu ne sais pas vraiment son nom et tu ne sais pas s’il t’appartient si ce n’est pas à toi et même si on te le réclamera
– peut-être qu’il n’appartient à personne au fond
– ce que le vent cherche quand il fouille les feuilles de tilleul
– la ligne qui tremble sous la main quand on essaye de dessiner son pays mais on ne le connaît pas et on finit par dessiner autre chose
– la nuance d’une aile de papillon dans une toile d’araignée
– la lumière lorsqu’on a les yeux mouillés ou presque endormis
– et ce m’aime un peu du premier pétale arraché
– même un peu
– en vérité il y a des milliards de regards de flaques d’eau de miroirs qui n’ont jamais vu ta tête pour qui tu es un néant mais cette lézarde dans le mur tu la connais
quand elle te regarde
elle ne regarde presque
rien