À L.
La rose se poursuit dans ta voix,
chacune de tes paroles est vivante.
Y a-t-il de la lumière dans l’ivresse ?
et quelle est l’ombre de l’amour ?
Ces questions sont aussi vaines
que le sont les fourmis qui voudraient soulever
les montagnes bleues du firmament
sur leur dos :
pourquoi y chercher une réponse ?
Le secret de tes yeux suffit.
J’emporterai dans mon élan
les liens cachés qui ont attaché
ton ombre à mon corps,
ton souffle à ma bouche,
tes mots à ma poitrine.
Si un jour je parviens à m’envoler
jusqu’aux portes du paradis,
je dirai :
« Pardonnez-moi, car j’ai oublié de mourir
avant de monter jusqu’ici. »
On me répondra : « Comment cela se peut-il ? »
Et je dirai : « C’est que j’ai aimé. »